Développement durable

Projet alimentaire : et si on mangeait local ?

Au début, ce sont plusieurs agriculteurs qui interpellent les élus : ils souhaitent voir leur production dans les assiettes des habitants du territoire. Nous sommes en 2010, c’est le temps de la vache folle, des débuts de la traçabilité, des consomm’acteurs, d’une volonté de manger sain, de prendre soin de notre planète.

2016-2018, l’alimentation devient un sujet transversal dans les politiques publiques, et unanime dans les attentes des habitants. Le Projet Alimentaire d’Erdre & Gesvres est créé.

Les acteurs du projet

Pour co-construire ce projet aussi complexe que fédérateur, la communauté de communes a regroupé la Fédération Départementale des CIVAM, la chambre d’agriculture, l’association pour l’Agriculture Paysanne CAP44, le Groupement des Agriculteurs biologiques GAB 44 et le conseil de développement d’Erdre & Gesvres.

Tous différents dans leurs actions, leurs rôles, c’est leur complémentarité qui aujourd’hui nourrit le groupe de travail. La communauté de communes se positionne comme animateur de réflexion du projet. Les chambres, instances, syndicats, et citoyens en sont les véritables acteurs.

 Les décisions à prendre pour l’agriculture et l’alimentation sont désormais des décisions
collectives 

Laurence GUILLEMINE
Vice-présidente déléguée à l’’action foncière et à l’agriculture

Les objectifs du projet

Le projet vise à impulser et accompagner la transition de l’agriculture et de l’alimentation du territoire Erdre & Gesvres vers des pratiques de production et de consommation plus favorables à l’environnement, la santé, le lien social et l’économie locale.

Pour ce faire, le groupe de travail Projet Alimentaire d’Erdre & Gesvres a défini 3 objectifs :

  • Objectif 1 : développer une production de produits alimentaires de proximité et de qualité
  • Objectif  2 : structurer une filière d’approvisionnement local   
  • Objectif  3 : communiquer, sensibiliser, changer les comportements 

1/ produire durable

Pour que la planète perdure, il faut améliorer nos pratiques agricoles pour en réduire les effets néfastes sur l’environnement : réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’engrais de pesticides, conversion au bio, recréation de sites d’exploitations… Ce qui est bon pour la planète est bon pour la santé.

Durable, c’est aussi sensibiliser les producteurs et consommateurs sur la diversification des sources de protéines notamment avec l’introduction de protéines végétales au côté des protéines animales.

2/ manger local

Pour développer la demande de produits locaux et de qualité, il s’agit là aussi d’accompagner le changement, et de structurer l’approvisionnement tant pour le collectif que pour les particuliers. Le sujet est complexe, et c’est une attente sociale forte sur le territoire.

  • Pour le collectif : cela passe par la formation aux marchés publics d’approvisionnement pour les scolaires (30 % des restaurants scolaires sont en régie et 70% font appel à une société de restauration). Le dispositif accompagne aussi les communes pour la rédaction du cahier des charges par exemple. Cet accompagnement est valable aussi pour les centres de soins, Ephad etc… 

  • Pour les habitants : il s’agit de favoriser les liens entre l’agriculture et les consommateurs, notamment à travers le développement des filières de proximité (circuits courts), déployer la vente directe et enfin soutenir les dynamiques locales portées par les associations, amap, jardins partagés, collectifs de citoyens …

3/ le faire-savoir

Dernier axe de travail du Projet Alimentaire du Territoire : la sensibilisation. Ce qui se créé sur Erdre & Gesvres pour le bien-être de tous nous concernent. Faire prendre conscience, informer, est une partie importante du dispositif. Des ciné débats, des ateliers, des visites, des rencontres sont organisés toute l’année. A destination des familles, des écoles et de tous ceux qui  souhaitent participer à l’avenir de notre territoire.

Demain… qu'est ce qu'on mange ?

Pour répondre aux besoins alimentaires à l’échelle de la planète, (nous serons de plus en plus nombreux) et pour faire face au changement climatique, il faut changer notre manière de nous nourrir. Aujourd’hui, l’essentiel des ressources agricoles mondiales est consacré à nourrir les animaux d’élevage avec un ratio de 1à 10. Il faut par exemple 10 kilos de protéines végétales pour produire 1 kilo de protéines animales. On devine très vite l’impasse de cette terrible équation.

Bien sûr il ne s’agit pas d’être tous végans d’ici 30 ans, mais c’est certain, il y aura plus de légumineuses que de steaks dans notre assiette, et c’est mieux pour nos paysages et notre santé !

Vu Par 
Frédéric Pieters, 45 ans, habitant de Grandchamp-des-Fontaines. Référent du groupe Transition Alimentaire et Agricole du Conseil de Développement. 

« Au sein du conseil de développement je me suis d’abord intéressé au PLUI avant de devenir le référent du groupe dédié à la question Agriculture et Alimentation dans le cadre du Projet Alimentaire Territorial. J’y vois une forme de continuité. Une politique d’urbanisme est forcément liée aux terres, et donc aux cultures, à l’élevage et de fait à l’alimentation. 

La première année a permis la cohésion de groupe et d’appropriation du sujet.
Nous entrons aujourd’hui davantage dans l’action. Nous allons amplifier notre rôle de liant entre les différents acteurs du projet : être sur le terrain, multiplier les rencontres agriculteurs-consommateurs, organiser des soirées débats.

Mener des actions de sensibilisation auprès d’un public conquis ne nous intéresse pas, ce que l’on souhaite c’est informer, fédérer le plus d’habitants possible, autour de cette idée que nous sommes responsables de nos terres et de notre alimentation, et que nous pouvons agir ! »

Lutter contre le gaspillage alimentaire, un jeu d'enfants

De toutes les actions contre le gaspillage, celles menées vers les enfants sont les plus porteuses, pourquoi ? Premièrement, sensibiliser les enfants, c’est former les citoyens adultes de demain. Deuxièmement, toucher les enfants c’est, par ricochet, toucher les parents. Enfin apprendre le non gaspillage au sein de l’établissement scolaire, permet une meilleure lecture : voir l’impact du tri des déchets, ou mesurer le poids de ce que l’on jette à l’échelle d’une classe ou d’une école c’est beaucoup plus « parlant » qu’à la maison… 

Dans le cadre du Projet Alimentation Territorial, la communauté de communes accompagne les communes qui le souhaitent dans la lutte contre le gaspillage alimentaire au sein des restaurants scolaires, et ce, grâce à une chargée de prévention qui apporte conseil et méthodologie.

La commune d’Héric a déjà participé au programme avec les élus, les gestionnaires de restauration, les cuisiniers, et les élèves. Tout s’est passé en 3 semaines.
Semaine 1 : pesée de tout ce qui est jeté dans les cantines ; Semaine 2 : analyse des déchets et plan d’action ; Semaine 3 : nouvelle pesée après apprentissage des bons gestes et bons réflexes pour ne plus gaspiller…  Et ça marche !

Moins gaspiller ça s’apprend, CQFD ! 

Informations annexes au site