Agir en faveur de la santé

Le Contrat Local de Santé

La préfecture de Loire-Atlantique, l’Agence Régionale de Santé (ARS) des Pays de la Loire et la communauté de Communes Erdre & Gesvres signent ensemble ce 3 juillet un contrat local de santé 2018 -2021. Il constitue leur feuille de route partagée pour agir en faveur de la santé de la population du territoire

La santé est définie selon l’OMS, comme “un état complet de bien-être physique, mental et social et non pas seulement l’absence de maladie ou d’infirmité”. A ce jour, il est entendu que la santé dépasse la dimension physique et médicale. 

La santé dépend de nombreux déterminants. Il faut agir à tous les niveaux.  

 

Les contrats locaux de santé sont des dispositifs proposés par l’ARS (Agence régionale de santé), dont la vocation est de conjuguer au mieux les politiques menées par l’Etat, les collec­tivités territoriales et les organismes de protection sociale, afin de contribuer à l’amélioration de la santé des populations.

 
Bien qu’en France la santé soit avant tout une compétence de l’Etat, la loi (Loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires du 21 juillet 2009) prévoit pour les collectivités qui souhaitent s’engager - dans l’intérêt de leur population - la possibilité de signer des conventions appelées « Contrat locaux de santé » (CLS). Ce sont les ARS qui sont habilitées à signer ces contrats avec les collectivités, avec des objectifs portant sur la santé au sens large : promotion de la santé, politiques de soins et accompa­gnement médico-social. Le CLS permet à la collectivité qui s’en saisie  de décliner et de prioriser les actions du Projet Régional de Santé aux besoins de son territoire.

Le Contrat Local de Santé (CLS) d’Erdre & Gesvres permet à tous les acteurs de la santé sur le territoire d’agir ensemble autour d’objectifs prioritaires, pour mieux répondre aux besoins des habitants des 12 communes du territoire.  Sur notre territoire le Contrat Local de santé est axé sur la prévention et la promotion de la santé.

 
Il a pour but de mettre en commun les moyens des acteurs locaux pour apporter de réelles solutions pour améliorer et préserver la santé dans les domaines de la prévention.

C’est notamment pour appuyer et rendre visibles les dynamiques et actions existantes, mais également pour développer de nouveaux projets en cohérence avec les besoins de santé qu’un CLS est déployé sur le territoire d’Erdre &  Gesvres.  En effet, la Communauté de Communes a décidé de s’engager dans cette démarche en affirmant ses priorités politiques pour la population dont elle a la charge.

Ces priorités soulignent la volonté intercommunale de répondre concrètement et avec efficacité à la fois aux préoccupations de santé rencontrées au quotidien par les habitants et aux attentes des acteurs locaux qui souhaitent travailler avec davantage de concertation et de cohérence, en fixant les objectifs suivants :

-     Coordonner les politiques de santé et réduire les inégalités d’accès aux soins sur son territoire

-     Répondre aux besoins et aux attentes des habitants par l’organisation d’actions concrètes autour de la santé

-     Renforcer et coordonner les partenariats existants pour rendre plus efficace et cohérente l’action sur le terrain

-     Accentuer l’information et la prévention pour amener chaque citoyen à se responsabiliser et être acteur de sa propre santé.

 

La définition des axes et des actions du Contrat Local de Santé s’appuie sur un diagnostic partagé, réalisé en 2016 et financé par l’Agence Régionale de Santé. 

L’implication de nombreux partenaires locaux dans l’élaboration de ce diagnostic local est à souligner. La démarche mise en œuvre a suscité de l’intérêt et de la participation. 

 

 

Des différents groupes de travail, la valorisation d’actions déjà engagées ont été mises en évidence ou ont permis l’émergence de nouveaux projets. A ce titre, il est primordial de trouver un cadre commun d’intervention avec l’ensemble des partenaires, pour garantir une meilleure lisibilité et pérennité des actions au service de l’amélioration de la santé de la population.

En utilisant tous les moyens d’action et de financement, il s’agit d’assurer un maximum d’interventions sur le terrain.  En s’engageant communément sur l’élaboration et le développement d’actions, les acteurs et participants au Contrat local de santé consolident les partenariats existants ou en devenir.

Les priorités de santé sur Erdre & Gesvres

 L’environnement, la santé des enfants et des jeunes, la santé en lien avec les situations de précarité, le parcours de santé des personnes âgées sont les principales portes d’entrée repérées.

Santé, environnement et développement durable

La politique intercommunale de santé ne peut être dissociée de l’action pour un développement durable. Les orientations de l’agenda 21 d’Erdre et Gesvres et celles du Contrat local de santé ont de nombreux points communs.

 Si la promotion de la santé doit intégrer les soins et leurs accès, elle ne peut manquer d’en élargir le champ en y associant, dans une dynamique élargie, la prévention et l’éducation. L’approche socio-écologique de la santé implique d’agir sur l’ensemble des déterminants (logement, transport, environnement…), en travaillant en amont dès que possible.

 La juxtaposition des approches entre l’agenda 21 et le CLS peut enclencher une approche moderne et cohérente en termes de santé publique sur le territoire et s’articuler avec les actions définies.

Santé des enfants et des jeunes

 La santé des enfants et des jeunes est un thème central pour de nombreux acteurs. Il est en correspondance continue avec plusieurs champs d’intervention (PMI, écoles et collèges, infirmières scolaires, Mission locale, Maison des Ados, groupe Ressources, services jeunesse communaux, CMP, CMPP). Le lien entre la santé des jeunes et la vulnérabilité sociale des familles est souvent évoqué avec une mise en exergue des principales problématiques existantes : hygiène de vie, accès aux soins, troubles du comportement, consommation excessive (alcool et autres psychotropes), santé mentale, difficultés économiques, freins à l’accessibilité à l’offre de service existante… 

Globalement, et indépendamment de problèmes plus spécifiques de santé, une large partie des jeunes suivis par les intervenants est confrontée à des difficultés sur le plan de la scolarisation et de l’insertion. Certaines familles ont du mal à agir sur ces plans devant l’accumulation de leurs propres difficultés sociales. Les contextes locaux (incertitudes sur l’avenir, en particulier quant aux possibilités d’accéder à un emploi, fragilisation du tissu social et familial) pèsent sur les adolescents. Sur le plan de la prévention, il s’agit de repérer les meilleures portes d’entrée pour délivrer des messages adaptés aux jeunes et d’imaginer les leviers pour croiser leurs centres d’intérêt (loisirs, mode, internet…).

Santé et situations de précarité

Les personnes en situation de vulnérabilité et/ou de précarité sont confrontées directement à des difficultés d’accès aux soins, d’actualisation de droits et se heurtent à des modalités administratives et techniques (le tout numérique au sein des administrations). Certaines d’entre elles témoignent d’un refus de prise en charge en tant que bénéficiaires de la PUMA (appelé antérieurement Couverture Maladie Universelle).  

La concertation partenariale et professionnelle se traduit par des dynamiques de coopération qu’il convient de renforcer. Les rencontres régulières entre acteurs du champ social et médico-social visent à échanger les informations et approfondir des thématiques liées à ces situations de précarité. 

 

Laccueil dans les processus d’accès aux soins est reconnu pour son importance. Les orientations entre professionnels du soin, du médico-social et du social, la communication avec les usagers, patients, bénéficiaires, comme les actions menées pour recevoir le public dans de meilleures conditions sont prioritaires (CLIC, SSIAD, CMP, CMS, médecine de ville…). Néanmoins, par appréhension des conditions d’accueil qui leur seraient réservées, qu’elles soient réelles ou imaginées, certains publics en difficulté ne font pas la démarche de se rendre dans les lieux qui pourraient leur venir en aide.

 

Pour les personnes vivant en situation de grande vulnérabilité sociale, l’accès aux soins apparaît aléatoire. Pour certains acteurs, il semble que les professionnels de santé ne s’adaptent pas toujours aux caractéristiques de la population, des problèmes de transport sont évoqués, ainsi que des besoins non satisfaits en termes d’accompagnement physique.

 

Plusieurs autres facteurs conditionnent les accès tant aux soins, qu’au dépistage et à la prévention : les personnes qui se trouvent en grande difficulté en matière de logement le sont aussi davantage dans le domaine de leur santé. Pour les plus fragiles, des réponses trop tardives à leur demande de soin (délai de rendez-vous éloigné) représentent une difficulté supplémentaire.

Le parcours de santé des personnes âgées

Le vieillissement de la population, corollaire du progrès social et de l'augmentation de l'espérance de vie, constitue un enjeu majeur pour Erdre & Gesvres, porteuse d’un CLIC. Les personnes âgées constituent une ressource et une richesse pour le territoire. Les services, les équipements et les actions communales et de leurs partenaires visent à participer, au quotidien, au renforcement du vivre ensemble et des liens intergénérationnels autour d'enjeux partagés par les services qui interviennent directement ou indirectement en direction des personnes âgées.

L’enjeu pour les acteurs est d'aborder cette question en transversalité, de la prévention à l’accompagnement social, médico-social et sanitaire, dans une logique de décloisonnement des secteurs et de structuration du parcours de santé et de vie.
Le suivi et l’accompagnement des personnes âgées est de grande qualité au sein du territoire. La position d’interface assumée par le CLIC permet de renforcer cette fluidité partenariale nécessaire à la qualité mais aussi à la capacité d’adaptation des prises en charges. Les professionnels semblent apprécier ces collaborations et soulignent le fait que les complémentarités et subsidiarités entre missions respectives sont respectées.

La question du repérage, de l’anticipation nécessaire auprès de personnes en fragilité est posée. Les acteurs souhaitent s’investir sur cette réflexion et proposer des modalités susceptibles de renforcer la qualité du parcours de santé. Il s’agit également de mieux gérer les cas complexes grâce à une approche populationnelle (vigilance sur les personnes isolées, en rupture familiale, qui ne font plus appel).

La coordination des soins et des aides aux personnes âgées fait depuis longtemps l’objet d’attention des pouvoirs publics, et a donné lieu à la création de nombreux dispositifs. Loin de constituer un volet d’intervention supplémentaire aux côtés de ceux concernant le logement, la santé ou les loisirs, les mesures visant l’amélioration de la coordination sont révélatrices du développement d’une politique globale et territoriale visant les personnes âgées demeurant à domicile, notamment les plus fragiles (santé, précarité économique, isolement, adaptation du logement…).
Les débats impliquent un nombre croissant d’acteurs : administrations des secteurs social et sanitaire, mais aussi prestataires de services à domicile, médecine de ville, autres professionnels de santé, réseaux, MAIA, SSIAD, associations de familles.

Malgré la richesse et la proximité de nombreuses réponses sanitaires et médico-sociales du territoire, nombre de personnes ne parviennent pas à se les approprier (situations d’isolement, de méconnaissance, absence de relais) et se heurtent à des cloisonnements de services, de spécialistes, de réseaux. Le Contrat Local de Santé va œuvrer par l’interconnaissance à fluidifier le parcours des usagers et mieux intégrer la santé dans tous les projets de l’intercommunalité. (Habitat, transport….)

Quelque soient les publics, engager une réflexion/action d’ordre qualitatif avec la population et les professionnels devrait permettre la prévention et la promotion de la santé au regard des besoins -notamment sur le plan qualitatif- et de faire émerger de nouvelles formes d’engagements partenariaux accompagnés par les services intercommunaux.

Le CLS s'articule autour de 4 priorités

 L’environnement, la santé des enfants et des jeunes, la santé en lien avec les situations de précarité, le parcours de santé des personnes âgées sont les principales portes d’entrée repérées.

  • Développer la prévention et les comportements favorables à la santé dans le domaine de la parentalité, l’enfance et la jeunesse. Exemple : essayer d’influencer les comportements en termes      d’alimentation, ou concernant les risques d’addiction.
  • Faciliter l’accès aux droits et à la santé des publics en situation de précarité et/ou de vulnérabilité. Exemple : un renforcement de la communication et de l’information vers ces publics. 
  • Promouvoir le bien-vieillir. Exemple : Informer sur les aides, sur l’amélioration de l’habitat, sur la prévention des chutes, sur une meilleure alimentation qui favorise une meilleure santé…
  • Développer des cadres de vie favorables à la santé. On rejoint là les autres axes du projet de mandat d’Erdre & Gesvres : habitat, qualité de l’air, mobilité, emploi, développement durable… Exemple: si la communauté de communes cherche à attirer des entreprises sur le territoire, c’est parce que cela crée des emplois et de l’activité économique, mais aussi parce que cela permet de limiter les déplacements domicile-travail, et donc les émissions de gaz à effet de serre.


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